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Portraits de Hackathoniens #4

Créatif des champs reconnu à la ville, Owen Poho est designer indépendant (voir son site). Il nous explique pourquoi l'antre de la bidouille, du libre et du partage c'est aussi pour lui. Le geste dit tout le reste : déterminé, simple, calme, précis.

Quel est ton parcours ?
J'ai fait les Beaux arts de Brest, en design. Je travaille en tant que designer et graphiste indépendant. Je fais aussi de l'infographie pour une association.

Est-ce que c'est ton premier hackathon ?
Oui, complètement. C'est aussi ma première découverte d'un fablab. Je trouve le concept très intéressant. Dans mon travail, je délègue la réalisation de mes projets à des entreprises ou des artisans locaux. Mes créations sont indissociables des professionnels avec qui je travaille. Ici, je peux faire le prototypage moi-même.

Il est 22h, les projets se lancent. L'équipe qui deviendra celle d'#Infinitable attaque son premier brainstorming (ici de gauche à droite : Pierre, Owen, Laurent a.k.a AkoZ, Guillaume et Philippe).

La délégation, c'est une question de manque de matériel, de compétence ?
Les deux. J'ai un univers qui m'est propre. En quelques mots, disons que j'ouvre une voie contemporaine pour la tradition bretonne. Je vais chercher dans les formes, les couleurs, les motifs, les métiers... Je travaille la matière « identité de la Bretagne » pour en faire quelque chose de nouveau.

Si je veux donner libre cours à ma créativité, je ne peux pas me limiter à ce que je suis capable de faire moi-même. Il faudrait que je sois modéliste, céramiste, vannier, menuisier, que je fasse de la recherche sur les matériaux, les techniques... or je mets beaucoup d'exigence dans mes projets.

C'est pour cette raison que je m'appuie sur les savoir-faire des entreprises et des artisans locaux. Les professionnels avec qui je travaille sont toujours des locaux. C'est important dans la démarche. Dans la phase d'étude de faisabilité, j'ai avec eux des échanges que j'intègre à ma réflexion. Mes créations sont indissociables des personnes avec qui je les réalise.

C'est là qu'intervient l'outil fablab. Il est différent d'un outil industriel. Il n'y a pas de formation ou de niveau technique requis. Je peux entrer. Et j'y trouve énormément de compétences différentes. On échange, on apprend les uns des autres. Cela peut avoir également d'autres intérêts, réduire mes coûts par exemple. Quand je travaille avec un professionnel, la phase de prototypage est facturée.

L'équipe #Infinitable va bon train. Il n'est pas 23h30 que voilà déjà les premiers crayonnés du concept.

Tu avais déjà entendu parler des Fabriques du Ponant avant ?
Je les ai découvertes il y a une quinzaine de jours. Il y a eu un article sur le hackathon dans la presse. J'avais déjà cherché ce genre de lieu il y a quelques années. J'avais d'ailleurs trouvé le Tyfab mais j'en était resté là. (Ndlr : le Tyfab de la Maison du libre fait partie des structures porteuses des Fabriques).

En fait ça avait commencé à me titiller au moment de l'apparition de l'impression 3D, pour le côté Do it yourself. C'est la démarche du logiciel libre appliquée aux objets. Il y a des plans à télécharger par exemple. On est dans un espace collaboratif, on arrive vraiment à faire du travail à plusieurs. Là, je sors de ma création personnelle et je mets le côté propriété intellectuelle de côté pour un temps avant de revenir à mes projets.

 

Pierre a présenté la première maquette pour l'équipe #Infinitable le soir (photo de droite). Le lendemain matin, nous découvrions un proto à l'échelle 1/2.

Tu as choisi de travailler sur le projet « meubles de coworking ». Pour quelle raison ?
Je suis arrivé ici par l'espace de travail collaboratif. J'ai vu qu'il y a des optimisations à trouver, sur le mobilier, sur l'ergonomie, sur l'agencement. Ça rendrait l'espace plus agréable, ça favoriserait les échanges, la créativité. C'est une question de plaisir à travailler ensemble.

Tu peux nous raconter ta soirée/nuit d'hier ?
On a travaillé en équipe quasi complète jusqu'à 4 ou 5h du mat' Il y a eu beaucoup d'idées, et on est arrivés à sortir une maquette à l'échelle ½. On a pu valider la forme, les fonctionnalités même s'il reste encore beaucoup de choses à régler.
Mon regret, c'est d'avoir surtout travaillé sur l'aspect « formel ». On avait un gars dans l'équipe qui avait les compétences pour approfondir la question de la connectivité. Mais il a dû partir tôt. Tant pis, ça fait aussi partie de ce qui peut se passer dans un hackathon. D'ailleurs, je vais devoir partir tôt moi aussi cet après-midi. (Ndlr : Owen partira dans l'après-midi, mais il reviendra quelques heures plus tard pour présenter le projet avec son équipe.)

Quelques heures plus tard, Philippe et Owen travaillent sur des configurations pour le module #Infinitable.

Est-ce que tu aurais des propositions d'amélioration sur les thèmes du hackathon, ou sur le hackathon lui-même ?
Pas spécialement. J'ai apprécié de me laisser porter. Dans mon travail, je dois être moteur. Je définis la direction, je donne le tempo, je trouve les moyens. Ici, j'apporte ma contribution et je suis guidé par le collectif... peut être le manque de sommeil ?

À refaire ?
Ouais, carrément !
Le vrai plus d'un hackathon, c'est la relation humaine. C'est comme un cours de langue. Si on y va une fois par semaine, on apprend. Mais si on fait un stage d'une semaine, là ça prend une autre dimension. On est en immersion, on apprend beaucoup plus. Voilà, c'est ça le grand intérêt, l'immersion.

Des modules #Infinitable en taille réelle dans quatre de leurs conformations possibles.

Rendez-vous demain pour le dernier portrait de cette série. La prochaine fois, on essaie de recruter un photographe compétent, promis !

1 commentaire

  1. Gravatar
    Erwan (de l'équipe canapé)

    Merci pour le mot immersion! Ça fait 10j que je cherchais... Un hackathon c'est un sous-marin en immersion pendant 24h. Sauf qu'il n'y a pas de pacha et que les filles sont admises.

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: Quelle est la troisième lettre du mot mllutg ?